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Secret de Sorciere

Mâlain

Publié le 21 May 08


Loin des fables ancestrales, si Mâlain fête de nos jours ses sorcières, c'est qu'en 1644 le procès que firent les villageois àquelques femmes et hommes, est de triste mémoire.

A Mâlain, tout commence déjàpar une légende qu'on évoque depuis la nuit des temps.

Cérès, déesse antique de la fertilité, cherchait désespérément sa fille disparue depuis des lunes et des lunes. Au hasard de ses pérégrinations, son chemin croisa celui d'Aloîs, un enfant du pays àla grâce et au charme troublant. Celui-ci, connaissant la région comme personne, entraîna Cérès jusqu'àl'entrée d'une cavité située sous la colline de Mâlain.

"Voici l'entrée de l'enfer, où Pluton a enfermé ta fille" avoua-t-il àCérès.

Voilàce que la mémoire populaire retint de cette légende païenne: L'antre du démon était situé sous la colline de Mâlain, làou se trouve le château àprésent.

De nos jours encore on nomme cette cavité" le trou de diable".

Mais au Moyen-Âge, curieusement, cette légende ne semble pas effrayer les bergers qui font de cette cavité une bergerie aménagée. L'année 1640 est particulièrement ardue pour les habitants de Mâlain. Pluies, gelées, et grêles viennent àbout des potagers, vergers et donc des fruits et légumes des paysans. La disette menace et en ces temps obscurs, il est facile d'attribuer cette malchance météorologique àdes preuves d'existence du diable et de ses condisciples. On cherche alors des coupables et on s'en prend àquelques femmes et hommes sous des prétextes fallacieux.

Comme souvent àcette époque, les villageois décident de faire justice eux-mêmes. En fait de justice , il s'agirait plutôt d'une pantomime parodiant celle-ci. On garrotte les supposés sorcières et sorciers, on les emmène au bord de l'ouche àhauteur de Pont-de-Pany. Les pouces attachés aux gros doigts de pieds, ils sont jetés àl'eau.

Ceux qui s'enfoncèrent dans l'eau furent reconnus innocents mais décédèrent dans d'atroces souffrances. Ceux qui surnagèrent, malgré les coups de fourche, furent jugés coupables. Ultime ignorance, une femme qui plaignit chrétiennement le supplice de ces pauvres gens fut lapidée par la foule et, dit-on, enterrée sous une pierre. La justice des lieux jugea une dizaine de ces pauvres gens. Et ceux qui réussirent àsurnager furent condamnés a être pendus puis leurs corps brûlés. Peine heureusement levée par le Tribunal de Dijon qui gracia ces pauvres hères. Mais le mal était fait et la suspicion demeura envers ces personnes pendants de longues décennies, et leur descendants eurent toutes les peines du monde às'intégrer.

Voilàpourquoi de nos jours on peut assister une fois tous les deux ans àla fête des sorcières àMâlain. Les villageois expient ainsi leur fautes en fêtant celles qui furent jugées coupables il y a fort longtemps.